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L'anatomie et physiologie de la prostate - Centre Européen de la Prostate Paris

Appareil génital masculinLa prostate est une glande qui fait partie de l'appareil génital de l’homme.

Parce qu’elle entoure l'urètre et qu'elle augmente de volume quand l’homme vieillit, elle peut être la cause de troubles urinaires invalidants.

1 - Taille de la prostate et croissance :

À la naissance, la prostate a la taille d'un pois. Mais à la puberté, elle augmente rapidement de volume sous l'influence de l'hormone mâle, la testostérone.

Vers l'âge de 20 ans, la prostate atteint sa taille normale adulte. Elle pèse 15 à 20 g et elle a 3 à 4 cm dans sa dimension maximale.

La plupart des hommes connaissent une deuxième période de croissance prostatique à leur maturité, vers la quarantaine.

C'est parce que cette hypertrophie de la prostate comprime l'urètre qu’elle peut gêner l’écoulement du flux des urines.

Cet obstacle à la vidange de la vessie se traduit par des troubles urinaires.

Le troucher rectal

À ce moment-là, la prostate connaît un développement de sa région péri-urétrale à l’origine d'une augmentation de volume de la glande.

Cette hypertrophie prostatique concerne environ 50 % des hommes de la soixantaine et jusqu'à 90 % des hommes entre 70 et 80 ans.

2 - Situation de la prostate :

La glande prostatique est située dans le petit bassin, juste sous la vessie.

En avant d'elle, on trouve le pubis, et derrière elle le rectum.

C'est parce que la prostate est proche du canal anal que le toucher rectal est le moyen clinique habituel pour évaluer l’hypertrophie de la prostate et la consistance de la glande.

3 -Les lobes de la prostate : 

La glande prostatique comporte trois lobes : deux lobes latéraux réunis en avant par un isthme et en arrière par le lobe médian.

Ce lobe médian est situé au-dessus de l’abouchement des canaux éjaculateurs qui amènent le sperme dans l'urètre prostatique.

Les lobes latéraux ont tendance à augmenter de volume avec l'âge, quant au lobe médian, sa croissance se fait vers un développement intravésical.

La glande est entourée par une capsule fibro-musculaire.

4 -Anatomie zonale de la prostate :

Les trois zones principales de la prostate.


On peut considérer qu’il y’a dans la prostate trois zones principales :

La zone centrale, la zone de transition et la zone périphérique.

A - Zone de transition :

La zone de transition est la partie glandulaire de la prostate, celle qui est directement au contact et entoure l'urètre dans sa traversée de la glande.

Les travaux de MCNEAL ont démontré que l'adénome de la prostate (l’hyperplasie bénigne de la prostate : HBP) naît dans la portion péri-urétrale dans la zone de transition. Il est rare que le cancer de la prostate se développe dans cette zone. (environ 10 % des cas).

B - Zone centrale :

La zone centrale est une portion non glandulaire qui entoure la zone de transition.

Elle est composée d’un stroma dense et comme la zone de transition, elle est rarement à l'origine de développement d'un cancer (5 % des cas environ). Par contre, elle joue un rôle important dans le développement de l'hypertrophie bénigne de la prostate car c'est surtout cette portion qui se développe après l'âge de 40 ans chez l’homme.

C - Zone périphérique :

La zone périphérique est la partie postérieure de la prostate et c'est la région qui est au contact du rectum. Elle représente environ 80 % du volume de la glande et c'est également la région où la plupart des cancers de la prostate se développent.

A ces trois zones principales, on peut également ajouter une zone antérieure qui est la région de la prostate la plus proche de l'abdomen.

Elle est composée d’un tissu fibro-musculaire non glandulaire.

STRUCTURE ET FONCTION DE LA PROSTATE

1 - Le tissu glandulaire :

La prostate est composée d'environ 50 % d'un tissu glandulaire, et 50 % d'un tissu non glandulaire.

Le tissu glandulaire produit un liquide alcalin d'une consistance laiteuse. Pendant l'orgasme masculin, la prostate et le tissu musculaire qui l’entoure se contracte et propulse ce liquide prostatique dans le canal urétral où il se mélange avec les spermatozoïdes issus des testicules et le liquide de sécrétion des glandes séminales.

Le fluide prostatique a un rôle nourricier et protège les spermatozoïdes pendant la relation sexuelle ainsi que lors de leur migration dans les voies génitales de la femme.

C'est le liquide prostatique qui constitue la partie la plus volumineuse en quantité de l'éjaculat.

2 -L'antigène prostatique spécifique :

La prostate produit non seulement le liquide prostatique, mais elle secrète également l'antigène spécifique de la prostate (PSA) qui est une glycoprotéine composée d’acides aminés produite uniquement par les cellules épithéliales de la prostate.

Sa production est sous contrôle des androgènes circulants qui agissent sur les récepteurs androgéniques des cellules épithéliales.

Le PSA est sécrété dans le plasma séminal et il digère le gel qui se forme après l'éjaculation.

Habituellement, seules des quantités faibles de PSA passent dans la circulation sanguine, mais, à l’occasion de maladie prostatique, le taux de PSA augmente.

De plus, le massage prostatique, l’échographie endorectale, l'examen endoscopique par fibroscopie uréthro-vésicale et les biopsies prostatiques peuvent également être à l'origine de l'élévation importante du taux de PSA alors que le toucher rectal habituellement ne cause que des variations modérées.

Bien que le PSA soit spécifique du tissu prostatique et non du cancer de la prostate, la confrontation des taux de PSA dans le sérum, des données du toucher rectal et éventuellement de celle de l'échographie endorectale de la prostate peuvent être intéressantes pour le diagnostic précoce du cancer de la prostate.

Les variations du taux de PSA entre deux déterminations à intervalle fixe, (vélocité du PSA) peuvent également aider à différencier l'hypertrophie bénigne de la prostate du cancer.

3 -Le tissu non glandulaire :

Le tissu non glandulaire de la prostate est un stroma fibro-musculaire qui contient notamment le collagène et surtout les vaisseaux et les nerfs de la glande.

La glande prostatique contient beaucoup de récepteurs alpha-adrénergiques et alpha cholinergiques et elle est richement innervée, ce qui suggère que le système nerveux autonome peut jouer un rôle à la fois dans la croissance et dans la régulation de la sécrétion de la glande prostatique.

Les complexes nerveux rassemblés en bandelettes vasculo-nerveuses courent le long des bords postéro-externes de la glande, entre prostate et rectum.

Ces bandelettes nerveuses innervent la prostate mais sont également responsables de la fonction érectile.

La vascularisation artérielle de la prostate se fait à partir des branches de division de l'artère hypogastrique.

A mesure que l'homme vieillit, l’athérosclérose qui peut toucher toutes les artères de son organisme peut également altérer la vascularisation de la prostate.

Différentes études ont suggéré que ces altérations vasculaires en relation avec le vieillissement pouvaient être à l'origine du développement de l'hypertrophie bénigne de la prostate.

INNERVATION DE LA PROSTATE

La prostate est un organe richement innervé.

Il reçoit son innervation du système autonome à la fois parasympathique (cholinergique) et sympathique (non adrénergique).

Le parasympathique innerve le muscle lisse de la capsule et le stroma vasculaire.

Cette innervation joue un rôle important dans la fonction sécrétoire de l’épithélium prostatique.

Le système sympathique contrôle le muscle prostatique qui est responsable de l'occlusion du col vésical au cours de l'orgasme et de l'éjaculation.

Cette innervation se fait à partir du plexus pelvien issu des racines sacrées S2, S3 et S4.

Les nerfs caverneux sont des branches de division du plexus pelvien et cheminent dans les bandelettes vasculo-nerveuses.

L'éjaculation :

Le système sympathique et parasympathique intervient dans le déclenchement et la coordination de l'éjaculation. Le sperme arrive dans l'urètre prostatique par les canaux éjaculateurs qui traversent la prostate dans leur trajet vers l'urètre.

C’est pour cette raison que le développement de l’adénome prostatique peut compromettre la qualité de l’éjaculation et son volume.

L'expulsion du sperme est autorisée par le relâchement du sphincter externe urinaire synchronisé avec l'occlusion concomitante du col de la vessie et associé à des contractions rythmiques du muscle strié, des muscles du plancher pelvien et du tissu érectile du bulbe.

On peut retenir quatre troubles de l'éjaculation :

  • L’éjaculation prématurée ;
  • L’éjaculation retardée ;
  • L’éjaculation rétrograde ;
  • L’anéjaculation et l'anorgasmie.


Le vieillissement et les altérations de l'anatomie de la prostate sont en lien direct avec les troubles de l'éjaculation.

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Bibliographie Voir


Page mise à jour le : 12/01/2012